La déclaration de François Hollande relative à la « liberté de conscience » au congrès des maires de France est stupéfiante. Comment un Président de la République, garant du respect de la loi et de sa bonne application, peut-il reconnaître à des maires, eux-mêmes responsables de l’exécution des lois, cette « liberté de conscience » à celles et ceux d’entre eux qui refuseraient de célébrer le mariage entre homosexuel(le)s !

Le bon fonctionnement d’un Etat démocratique implique, entre autres composantes fondamentales, l’autorité de la loi. C’est l’une des caractéristiques majeures des Etats modernes, qui a engendré des règles et des modèles de comportements essentiels au « vivre ensemble ». Composer avec l’autorité de la loi, c’est peu ou prou affaiblir notre institution républicaine, en particulier sur un sujet de société de cette importance. Que ce soit le premier personnage de l’Etat qui s’engage dans un tel processus est très inquiétant.

Ou ce que d’aucuns considèrent être une « concession symbolique » constitue un aveu de faiblesse, préoccupant dans une société en perte de repères, qui a besoin de retrouver de solides références, ou il s’agit de l’aveu implicite d’un débat tronqué qui se solde par une mauvaise loi, de facto difficilement applicable. Dans les deux cas, une telle prise de position est grave car elle ouvre la porte à toutes les concessions et elle contribue à l’affaiblissement d’un principe républicain essentiel, celui de l’autorité de la loi.

Nîmes, le 21.11.2012

Jacky RAYMOND

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