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Par Jacky RAYMOND, Secrétaire National Adjoint en charge de l’Education et du Projet. Président-délégué du NC-GARD

 

L’évaluation des élèves de CM2 vient de se dérouler dans toute la France, durant la semaine du 19 au 23 janvier, dans les domaines du français et des mathématiques. Une opération similaire aura lieu pour les élèves de CE1 du 25 au 30 mai 2009.

 

Ces deux niveaux constituent en effet des moments clefs dans le parcours scolaire des écoliers :

– le CM2, parce qu’il ouvre la porte du collège et qu’il nécessite, au regard de fragilités repérées et analysées, des réponses pédagogiques adaptées ;

– le CE1, parce qu’il permet, à l’issue du cycle 2 de l’école (passation fin mai), d’établir des constats individualisés, de poser des diagnostics fiables, en vue d’organiser les situations d’apprentissage et les soutiens appropriés aux besoins réels des élèves.

 

Aussi la polémique qui fait rage dans certaines écoles ne manque t-elle pas de surprendre. Et le refus d’enseignants de procéder à cette mesure des connaissances de leurs élèves dans deux secteurs déterminants pour l’ensemble des apprentissages ne laisse pas d’être choquant. Il l’est d’autant plus dans les écoles où des parents d’élèves manifestent contre l’évaluation et s’opposent à la passation des épreuves, arguant de l’impossibilité de mesurer des connaissances alors que « tout le programme n’a pas été fait », propos tenus par quelques représentants des enseignants ! Ou bien ces derniers méconnaissent le sens de cette évaluation – ce qui est inquiétant – ou bien ils déforment à dessein et caricaturent pour des raisons non avouables – ce qui est tout aussi préoccupant.

 

L’évaluation des élèves de CM2 a une double finalité :

– Fournir aux enseignants des données fiables sur les acquis et les déficits de leurs élèves afin de mettre en place les stratégies pédagogiques adaptées et l’accompagnement éducatif dont peuvent avoir besoin les plus fragiles.

– Favoriser le dialogue avec les parents, leur permettre de suivre, voire d’accompagner eux aussi, les progrès de leurs enfants, les aider à jouer au mieux leur rôle éducatif.

 

Comment réussir son parcours d’élève, dans l’enseignement primaire d’abord, dans l’enseignement secondaire ensuite, sans une solide formation de base à l’école ?

Or, le constat est malheureusement récurrent : trop d’élèves – les pourcentages varient selon les sources – entrent au collège sans maîtriser les savoirs fondamentaux, tels que les précisent les programmes de l’école primaire, et se trouvent ainsi rapidement mis en situation d’échec. Ce qui est inacceptable, d’abord pour les élèves eux-mêmes, de fait « exclus » du système scolaire et en grand danger personnel et social, ensuite pour l’institution, elle-même en échec, et pour la société, privée d’un inestimable potentiel humain.

 

L’évaluation est, de ce point de vue, un formidable levier pour faire évoluer les pratiques professionnelles, les rendre plus efficaces et contribuer ainsi à une organisation scolaire qui respecte les élèves et leur offre les meilleures chances de réussite.

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Depuis une année et demie, l’école de « La Gazelle » à Nîmes coordonne un projet européen, dans le cadre d’un programme Comenius, avec des écoles d’Angleterre, de Hongrie et d’Italie.

 

 

Ce projet multilatéral répond à un quadruple objectif :

 

scientifique – Il est fondamental, compte tenu des déficits constatés de l’école à l’université, de rendre les élèves acteurs du développement des sciences et des technologies, de constituer une culture européenne commune à tous, de les aider à prendre conscience des grandes problématiques environnementales et à devenir des écocitoyens pleinement responsables de leurs comportements.

 

linguistique – Il est tout aussi indispensable, à l’heure de la communication planétaire, d’aider les élèves à s’approprier des compétences linguistiques et langagières, de conduire chacun d’eux au niveau A1 du cadre européen commun de référence pour les langues, afin qu’ils puissent comprendre des énoncés oraux simples et communiquer, en anglais, avec des élèves anglophones, qu’ils puissent produire des documents scientifiques partageables par tous.

 

informatique – Il importe, dans un univers globalisé de communication immédiate et de technologies de pointe, que l’école du XXI° siècle gagne la bataille des technologies numériques, qu’elle permette aux jeunes Français d’utiliser des supports numériques diversifiés et de se doter de savoir-faire essentiels dans la société d’aujourd’hui et de demain.

 

                                 culturel – Cette action a également pour visée majeure d’amener les élèves à  s’ouvrir aux autres, à s’enrichir de leurs différences, à élargir leur horizon culturel, à partir de leurs propres racines et traditions, à mener ensemble des activités qui les amènent à partager des valeurs humanistes et une éthique en matière d’environnement et de développement durable.

 

 

Une telle opération partenariale est à la fois :

 

innovante, par les démarches d’investigation mises en œuvre, au cœur du défi scientifique entre les élèves des écoles concernées – fabriquer un engin construit avec des éléments recyclés de son propre pays, qui se déplace en utilisant uniquement des énergies renouvelables ;

 

moderne, par la place centrale qu’il accorde aux outils informatiques, au sein de classes numériques, dans le but de sensibiliser les élèves à un usage ordinaire de ces derniers dans des situations multiples d’échanges, d’expérimentation, de discussion, de coopération, de production ;

 

responsable, par la volonté déterminée d’amener les élèves à comprendre la science comme un domaine indispensable à une évolution maîtrisée et positive de la planète, d’abord soucieuse des hommes et de leur environnement, à explorer, par le biais de problématiques scientifiques, la notion de citoyenneté européenne ;

fédérateur, par l’apprentissage partagé d’une langue commune – l’anglais – et la construction d’un vocabulaire scientifique commun, par la capacité progressive de communiquer et de produire ensemble.

 

 

Durant la semaine du 19 au 23 janvier 2009, l’école de « La Gazelle » a reçu quatorze enseignants hongrois et italiens pour un séminaire d’échanges sur les pratiques pédagogiques dans le domaine des sciences et de mutualisation de documents, de supports, de démarches scientifiques. Les enseignants hongrois (deux écoles), italiens (une école) et français se sont entretenus en anglais… parfois avec l’aide de collègues polyglottes.

 

Deux autres séminaires auront lieu en 2009, l’un en Hongrie au printemps, l’autre en Italie, dans le Basilicate, à l’automne.

 

Ces rencontres sont d’autant plus symboliques – au-delà de leur dimension fonctionnelle – qu’elles réunissent trois nations de l’Union européenne, dont deux des six pays fondateurs, signataires des traités de Rome le 25 mars 1957, la troisième de ces nations, au passé historique prestigieux, ayant rejoint l’Union le 1er mai 2004 et intégré l’espace Schengen en décembre 2007.

Et elles se déroulent durant une année particulière pour l’Europe, celle des élections européennes.

 

Une bien belle manière de contribuer à de nouvelles avancées pour l’Europe, dans un domaine aussi essentiel que celui de l’éducation.

 

Jacky RAYMOND

 

Par Jacky RAYMOND, Président-délégué du NC Gard, Secrétaire National à l’Education, Adjoint au Maire de Nîmes

Certains professeurs d’école se targuent, le clamant haut et fort, notamment par le biais des médias, de « désobéir » – une formulation intransitive qui donne sans doute encore plus d’éclat à des déclarations indignes de gens qui ont pour mission d’éduquer.

Comment peuvent-ils prétendre agir dans l’intérêt des élèves quand, dans le même temps, ces enseignants leur montrent un bien curieux exemple en bafouant ostensiblement les lois de la République, les valeurs et les cadres d’action de l’Ecole républicaine.

« Désobéir » sous un régime autoritaire ou honteux, comme certains de nos aînés ont pu le faire sous Vichy, oui ! Assurément oui ! C’était un acte de courage remarquable, au nom de la liberté des hommes et de la dignité de la France. Quelle honte que de galvauder un aussi beau mot, porteur des plus grands idéaux et des plus terribles sacrifices !

Nous sommes, sauf à ce que j’aie perdu toute conscience des réalités de notre société, sous un régime démocratique, même si certains choix politiques peuvent déplaire. Le Président de la République a été élu au suffrage universel, et sa légitimité est incontestable ; les députés l’ont été tout aussi démocratiquement ; et, plus récemment, le Sénat a été renouvelé dans le plus strict respect des règles de la République.

 Ne pas mettre en œuvre les orientations et les directives nationales, en l’occurrence celles du Ministre de l’Education nationale, c’est ne pas respecter les représentants que le peuple souverain a élu – héritage majeur de la Révolution française – et ne pas respecter la démocratie. Il est des lieux et des temps pour faire connaître ses positions, pour plaider ses choix et argumenter, pour manifester son opposition à une politique. C’est le fondement même de toute démocratie ; et c’est la responsabilité de chaque citoyen de jouer pleinement son rôle dans l’espace républicain.

Mais il est honteux et inacceptable qu’un enseignant, cadre de la fonction publique (catégorie A), fonde ses pratiques professionnelles sur ses seules convictions, en bafouant sa propre institution. La France est un grand pays républicain, n’en déplaise à certains.

 Il ne saurait être question qu’une minorité de gens irresponsables, même s’ils proclament agir au nom d’une responsabilité assumée, la déstabilisent et la déstructurent. Nous serons nombreux à nous y opposer ; il y va de l’éducation de nos enfants et de l’avenir de notre pays, le leur!

imgp0117par Jacky RAYMOND, Secrétaire National du Nouveau Centre délégué à l’Education; Président-délégué au Projet du NC Gard, Adjoint au Maire de Nîmes en charge de l’Education.

Ces derniers jours, nous avons assisté, sous prétexte d’opposition à la réforme et aux suppressions de postes, à des débordements inacceptables : vociférations et insultes, jets de pierre contre des bâtiments publics, vitres de voitures brisées et rétroviseurs systématiquement arrachés dans certaines rues, scènes de violence.

Beaucoup de lycéens manifestent – encore que les défilés ne rassemblent qu’une minorité d’élèves – sans connaître précisément les raisons de leur participation aux mouvements de rue. Il en est d’ailleurs, comme les élèves des lycées professionnels, qui ne sont pas concernés par la réforme du lycée et qui, interrogés sur le motif de leur action, ne formulent que des poncifs, voire sont incapables de répondre.
Il en est peu qui savent présenter les grandes lignes de la réforme et préfèrent, avant de réagir, attendre le détail des mesures que le Ministre de l’Education nationale annoncera mardi 16 décembre.

Hormis certains parents engagés à un titre ou à un autre dans les mouvements actuels, les familles, dans leur immense majorité, manifestent de l’inquiétude, soit que celle-ci porte sur l’organisation future du lycée, donc sur le devenir de leurs enfants, soit qu’elle concerne la manipulation des jeunes et les phénomènes de violence qu’elle génère.

Il en est, lycéens et parents, qui reprochent au Ministre de n’avoir pas mené de concertation sur les enjeux et les principes de cette réforme, sur ses perspectives et ses modalités. Rien de plus faux ! A l’échelle nationale comme au niveau des académies, la philosophie de la réforme et ses principes de mise en œuvre ont fait l’objet d’une présentation et d’échanges dans le cadre des diverses instances consultatives.

Faut-il redire, comme je l’ai écrit récemment dans un texte consultable sur le site du Nouveau Centre, que la réforme engagée par Xavier Darcos va dans le bon sens… pour plusieurs raisons majeures : elle modifie l’organisation annuelle des études de second cycle ; elle favorise une évolution des comportements des lycéens, vers plus d’autonomie ; elle accompagne ces derniers de façon beaucoup plus soutenue et plus rigoureuse.

La désinformation et la manipulation doivent maintenant cesser, tant dans les établissements scolaires que dans l’opinion publique. Le Ministre de l’Education nationale et les cadres de l’institution scolaire – recteurs, inspecteurs d’académie et chefs d’établissement – s’emploient, encore et encore, à expliquer la réforme, même si les proviseurs, au contact direct des manifestants, expriment leurs craintes d’une surenchère de propos mensongers et de dérapages violents, notamment provoqués par des individus extérieurs et incontrôlables.

Le Nouveau Centre adhère aux visées de cette réforme des lycées, soutient le Ministre de l’Education nationale dans ce processus majeur qu’il a engagé, affirme l’urgence de le mener à bien. Et il condamne fermement l’agitation et les débordements constatés, les actes de violence perpétrés sous prétexte de combattre la réforme. De telles pratiques sont autant de coups portés contre la démocratie, laquelle constitue l’un des enjeux fondamentaux de l’acte éducatif.

Jacky RAYMOND

Jacky RAYMOND

par Jacky RAYMOND,
Inspecteur d’Académie Honoraire Secrétaire National à l’Education, Président-Délégué au Projet de la Fédération NC du Gard, Adjoint au Maire de Nîmes

 

Dans ses principes, la réforme du lycée – et pas seulement de la classe de seconde comme le titrent certains journaux, bien que le cadrage du cycle terminal fasse toujours l’objet de réflexions – va incontestablement dans le bon sens, même si elle ne s’inscrit encore que partiellement dans la logique qui la fonde.

Elle va dans le bon sens pour plusieurs raisons majeures : elle modifie l’organisation annuelle des études de second cycle ; elle favorise une évolution des comportements des lycéens ; elle accompagne ces derniers de façon beaucoup plus soutenue et plus rigoureuse.

Nul ne conteste aujourd’hui le déséquilibre des trois trimestres de l’année scolaire, d’un premier trimestre qui n’en finit pas à un troisième trimestre quasi inexistant. Même si le découpage temporel reste inchangé – cinq séquences de six à sept semaines –, l’organisation semestrielle favorise un meilleur équilibre des activités d’enseignement et des moments de positionnement des élèves.
Il restera à régler le problème de l’amputation du second semestre pour cause d’examens et procédures diverses d’orientation/affectation.

Les modules d’exploration ou d’approfondissement, choisis parmi les quatre dominantes retenues – humanités, sciences, sciences de la société, technologie –, conduiront les lycéens à effectuer des choix et à individualiser leur parcours de formation. Ils leur permettront également d’ajuster ledit parcours, en fonction de leurs intérêts et potentialités, en usant de leur « droit au changement ».
L’efficacité de ce dispositif implique que la détermination des modules proposés par l’établissement se fonde sur le projet d’établissement, donc sur une analyse de besoins et un diagnostic, et non sur les ressources horaires disponibles après organisation du tronc commun – ce qui reviendrait à rendre les modules tributaires des répartitions disciplinaires.

Les trois heures d’accompagnement – remise à niveau, travaux interdisciplinaires, aide à l’orientation – ne devraient pas manquer de faciliter l’assistance aux élèves au regard de leurs performances scolaires et de leur projet personnel de formation.
Là encore, il conviendra de ne pas conditionner la mise en place de cette composante fondamentale des études de second cycle aux seules disponibilités horaires dans les diverses disciplines d’enseignement, au risque de pervertir totalement les ambitions et visées affichées.
Une telle perspective suppose une révision de l’actuel statut des enseignants, qui date… de 1950 !

Cette réforme ne va pas jusqu’au bout de la logique qui la fonde parce que, malgré la constitution de modules, elle maintient la sacro-sainte organisation par classe et ne permet pas à chaque élève de réaliser son propre cheminement scolaire.

L’organisation scolaire traditionnelle se caractérise à la fois par la constitution de classes par niveaux (seconde, première, terminale), même si certaines activités bénéficient d’un dédoublement de la classe ou se font par groupes – ce qui ne remet pas en cause la classe comme unité éducative –, et par une répartition des enseignements qui obéit à la mise en œuvre, du début à la fin de l’année scolaire, d’un emploi du temps immuable, ce qui peut s’expliquer par le souci de proposer aux professeurs et aux élèves un cadre temporel structurant, doublé d’un cadre spatial (locaux et équipements) également fixe.
Donner tout son sens et toute sa place au projet d’établissement, donc libérer l’initiative des équipes pédagogiques et éducatives, d’une part, mieux prendre en compte les besoins et attentes des élèves, et accroître leur esprit de responsabilité, d’autre part, nécessiteraient une plus grande souplesse dans l’élaboration et la constitution des itinéraires personnalisés de formation, donc une organisation du tronc commun en modules obligatoires, d’horaire global variable en fonction des disciplines.

Il est en effet étonnant de faire dépendre le passage au niveau supérieur d’une performance « moyenne », évaluée à partir des résultats obtenus par l’élève dans les différentes disciplines, comme si l’excellence en français ou en langue(s) pouvait compenser l’insuffisance en mathématiques ou en sciences (ou vice-versa !).
Pourquoi un élève qui a réussi dans une discipline, au regard du référentiel de celle-ci – l’évaluation relève t-elle actuellement de ce type de pratique ? –, doublerait-il sa classe parce que ses résultats sont notoirement insuffisants, voire faibles, dans d’autres disciplines ? Il conviendrait que l’évaluation, donc les décisions qui en résultent, se fasse par module et que soit abandonnée la pratique de l’appréciation globale.
Une telle approche impose une double contrainte : la mise en œuvre effective d’une évaluation explicite, sur la base d’un référentiel et de critères explicités, connus des élèves et de leurs familles ; une souplesse d’organisation au triple plan de la gestion des groupes d’élèves (il ne s’agit pas d’individualiser les enseignements), de la gestion des modules, de la gestion des espaces.

La qualité d’une réforme ne saurait s’apprécier sur le seul critère des moyens – de préférence en augmentation ! Si la question des ressources – et pas seulement des heures d’enseignement – mérite une attention particulière et un examen rigoureux, elle ne constitue pas l’ingrédient essentiel de la qualité du système éducatif. Celle-ci résulte davantage de la philosophie et de l’économie générale de ce système, du sens donné par chaque établissement à son action éducatrice au travers de son projet. Contrairement à ce que d’aucuns peuvent affirmer, la réforme engagée ne saurait accroître les disparités, aujourd’hui très fortes, entre les établissements. Elle vise au contraire, par la responsabilisation effective des équipes pédagogiques et l’engagement de chaque communauté éducative, par l’autonomie accrue des élèves et l’implication encouragée de leurs familles, à jouer la carte d’une qualité optimale et, par conséquent, à réduire ces disparités.

La réussite de cette réforme, qui va dans le bon sens, même si elle est limitée dans sa réalisation, est étroitement subordonnée à trois conditions essentielles :
– mettre en place une stratégie de communication qui en favorise la compréhension dans l’opinion publique, et plus encore dans l’esprit des élèves et de leurs familles ;
– favoriser l’appropriation par les équipes pédagogiques et éducatives des fondements axiologiques de la réforme, de ses principes, stratégies et modalités de mise en œuvre, de la nécessaire évaluation des effets produits au regard de ceux attendus ;
– mobiliser avec force les personnels d’encadrement, qu’il s’agisse des proviseurs, maîtres d’œuvre de cette opération d’envergure, laquelle bouscule des décennies de traditions et une culture profondément ancrée dans les esprits, ou des inspecteurs d’académie, inspecteurs pédagogiques régionaux, conseillers des chefs d’établissement et des équipes pédagogiques, qu’il conviendra d’accompagner avec détermination.

Le Nouveau Centre adhère à cette réforme, qui transforme de manière significative l’organisation actuelle du second cycle, dans une perspective indéniable d’amélioration des performances du système éducatif, donc de la réussite des élèves. Et il considère qu’elle constitue une avancée décisive dans un processus qui devra être poursuivi, en pleine concertation avec tous les professionnels de l’éducation.

Dans ses orientations politiques, le Nouveau Centre affirme la place fondamentale de l’éducation, priorité soulignée lors de son congrès fondateur à Nîmes les 16 et 17 juin 2008.

Aussi le Nouveau Centre soutient-il toute réforme qui vise l’adaptation, voire la transformation, du système éducatif français pour une formation de qualité. Celle-ci se fonde à la fois sur l’accès de tous les élèves à des parcours d’excellence qui correspondent à leurs intérêts comme à leur potentiel de compétences et sur une obligation de réussite, mesurée à l’aune des résultats en termes d’orientation choisie et de taux de succès aux examens comme sur la capacité des élèves à l’autonomie, à l’initiative, à l’invention, à l’exercice de la responsabilité.

A ce titre, l’esquisse du « lycée à la carte » présentée aux cadres supérieurs du système éducatif le 2 juin dernier par le Président de la République, à l’occasion du bicentenaire du décret du 17 mars 1808, qui organise « l’Université impériale » et l’Ecole française, s’inscrit dans cette logique de nécessaire adaptation aux besoins et réalités de la société française, aux préoccupations et attentes de notre jeunesse. Il s’agit en effet de relever le défi de la réussite que notre société impose à son Ecole, donc de jouer la carte d’une organisation qui permettent l’émergence et l’expression de toutes les intelligences. [Lire la suite sur le site national du Nouveau Centre…]

par Jacky RAYMOND

Il est hautement symbolique que le Nouveau Centre ait choisir de mettre l’éducation à l’ordre du jour de son congrès fondateur.

Avant d’engager mon propos, qui porte sur l’institution éducative, non sur ses acteurs, je tiens à souligner avec force l’engagement manifeste et la qualité du travail de nombre des professionnels de l’Ecole, enseignants, cadres, personnels administratifs et de service.

Compte tenu du temps réduit imparti, l’approche est volontairement centrée sur la seule école primaire, fondement – dans toutes les acceptions du terme – du système éducatif. Elle est sommairement construite sur trois points : un constat rapide ; un inventaire de problèmes majeurs ; quelques propositions d’action.

Un constat rapide

L’Ecole de la République est très malade, ce dont témoignent trois grands phénomènes : le mal-être et les revendications permanentes des enseignants, leurs réactions au rapport du conseiller d’Etat Marcel Pochard sur l’évolution du métier d’enseignant, rapport considéré par certains comme « une vraie provocation » ; l’attitude consumériste des parents vis-à-vis de l’Ecole et leur contestation croissante des professionnels de l’éducation – ce qui contribue à la perte d’autorité de ces derniers – ; la médiocrité des performances du système éducatif français, attestée par les résultats d’enquêtes internationales au cours de la dernière décennie, en particulier les résultats de PISA (« Programme for International Student Assessment » – programme international pour le suivi, tous les trois ans, d’acquis d’élèves de quinze ans dans les domaines de la langue maternelle, des mathématiques et des usages de connaissances scientifiques).

Aujourd’hui, c’est à l’école primaire que doit être portée l’attention la plus grande tant elle est figée dans des organisations et des modes de fonctionnement vieux de plus d’un siècle. S’il convient d’approuver la récente réforme des programmes opérée par le Ministre de l’Education nationale, qui recentre le travail sur les savoirs de base, dans la logique du socle commun de connaissances et de compétences institué par la « loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’École » du 23 avril 2005, il est urgent d’opérer une réforme en profondeur de cette institution fondamentale de notre pays.

Des problèmes majeurs à traiter

En effet, trois problèmes essentiels restent en suspens : l’organisation territoriale de l’école primaire ; la « gouvernance » de l’Ecole ; l’évaluation de l’efficacité de l’enseignement.

L’organisation de l’école primaire se fonde encore sur les principes qui ont présidé à son édification au XIX° siècle : une mosaïque de petites écoles, tant en milieu rural que dans les quartiers urbains, même si la mise en place de regroupements pédagogiques intercommunaux, presque toujours créés pour prendre en compte le déclin démographique dans les territoires concernés, a pu atténuer les effets négatifs de la dispersion et de la taille réduite des unités éducatives. L’école primaire reste caractérisée, en dépit de certains aménagements territoriaux, par un émiettement inadapté aux besoins actuels de notre société. Organisée selon un modèle antédiluvien, elle n’a pas accompagné, ou faiblement, le mouvement de décentralisation, la mise en place de l’intercommunalité. Et bien des initiatives se heurtent encore à des résistances, voire à des oppositions farouches.

Les écoles, qui ne sont pas des établissements dotés de la personnalité morale et juridique, ne sont pas dirigées par des responsables de plein exercice, ayant le statut et les attributions d’un chef d’établissement.
Les inspecteurs de l’éducation nationale effectuent pléthore de tâches, au détriment de leurs deux missions essentielles : conseiller les professeurs des écoles et contrôler l’efficacité de leur action, notamment au travers de l’analyse des résultats des élèves. Se pose de surcroît le problème de leur positionnement comme cadre de la fonction publique.

Le système éducatif français a multiplié les évaluations – évaluation des personnels ; évaluation des résultats des élèves ; évaluation des établissements, rarement des écoles ; évaluation des performances des académies ; etc. Mais tous ces ensembles de données ne sont que fort peu exploités et leurs usages, encore fragmentaires, ne font pas l’objet d’un suivi systématique, dans une perspective de l’amélioration de la qualité de l’enseignement.

Quelques propositions d’action

Aussi s’avère t-il urgent de réformer un système à bout de souffle qui, en dépit de l’engagement et de la qualité de l’immense majorité des enseignants, souffre de son inertie, de son immobilisme, de ses blocages, de ses sempiternelles polémiques – par exemple sur la question récurrente du nombre d’élèves par classe et sur le lien fantasmé entre efficacité et moyens – et ne cesse ainsi de s’affaiblir.

En terme d’organisation, Ecole et intercommunalité doivent se renforcer mutuellement : s’il importe de privilégier une logique de proximité, il convient aussi de substituer à l’organisation actuelle la mise en place de pôles scolaires offrant des services qui concourent au développement éducatif de tout un secteur – territoire rural ou quartier urbain constituant une unité de vie –, la constitution d’un ou plusieurs réseaux scolaires dans chaque communauté de communes ou d’agglomération, dans la perspective de l’amélioration de la qualité du réseau scolaire, tant du point de vue pédagogique que matériel. Cette nouvelle organisation peut reposer sur des formes juridiques diverses, existantes ou à inventer. Des expérimentations peuvent aussi être réalisées, en secteur rural, de création d’un pôle collège/écoles, sous la direction du chef d’établissement.
Une évolution significative implique, d’une part un débat parlementaire et un nouveau cadre législatif, d’autre part l’établissement d’un schéma départemental ou régional du service public d’éducation, qui vise à renforcer la qualité des prestations pédagogiques et de l’offre de formation, da la gestion des personnels de l’éducation nationale et des collectivités territoriales, des infrastructures et de leur maillage territorial, ainsi que la logique de réseau, sur un socle d’innovation pédagogique et éducative, en cohérence avec l’identité du territoire et son environnement.

La « gouvernance » du premier degré doit être impérativement adaptée aux réalités et exigences de la société contemporaine. L’encadrement de chaque pôle ou réseau d’écoles exige des responsables qui aient une vision claire du projet éducatif de la nation, une approche large et globale des politiques éducatives, qui soient aptes à gérer le complexe, à traiter de façon réactive l’imprévu et l’exceptionnel ; qui sachent entretenir avec tous les membres et partenaires de leur communauté éducative des relations suivies, confiantes et constructives, qui mobilisent avec conviction et efficacité tous les personnels. L’efficacité de l’action éducative implique le recrutement d’authentiques managers.
Des décisions s’imposent : établissement d’un statut de directeur de pôle ou réseau scolaire, responsable de plusieurs entités fonctionnelles territoriales (plusieurs écoles constituant un ensemble d’une dizaine à une vingtaine de classes) réunies autour d’un même projet pédagogique et éducatif ; faculté de contractualiser avec les autorités compétentes ; amélioration d’exercice du métier – décharge complète ; attribution d’un secrétariat ; etc. – ; équivalence avec le corps des personnels de direction 2ème catégorie. Elles induisent certaines conséquences : libérer la capacité d’initiative des cadres et des unités éducatives ; favoriser la cohérence de terrain ; renforcer la démarche de projet et de contrat.
Déchargés de responsabilités désormais dévolues aux directeurs, les inspecteurs se consacreront à leurs missions fondamentales de conseil, de contrôle, de formation, d’expertise. Leur corps sera alors fondu dans le corps désormais unique des inspecteurs d’académie – inspecteurs pédagogiques régionaux, ce qui contribuera à favoriser et faciliter les interactions entre les différents niveaux du système éducatif.
Cette réforme d’importance conduira, dans le cadre d’une réflexion globale sur l’encadrement du système éducatif, à faire évoluer les fonctions et compétences d’autres responsables, comme, par exemple, les inspecteurs d’académie, directeurs des services départementaux de l’éducation nationale.

Au plan de l’efficacité de l’enseignement et de son évaluation, les évolutions de la politique éducative nationale comme celles de la politique éducative européenne, au travers de ce qu’on dénomme la « stratégie de Lisbonne », induisent la mise en oeuvre d’une formation de qualité en lien avec les réalités économiques et sociales.
Et le nouveau cadre budgétaire fixé par la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) ne saurait manquer de contribuer à l’amélioration des performances du système éducatif. En effet, la mise en œuvre de la LOLF favorise le questionnement sur les critères d’efficacité et d’efficience des actions conduites au regard des moyens attribués et permet de progresser dans la mise en commun d’indicateurs partagés, quantifiés et mesurables, avec les établissements. Si la LOLF est un instrument de maîtrise de la dépense publique, elle est aussi, fondamentalement, un outil de la gestion de la performance et de son évaluation.
En outre, les parents, de plus en plus nombreux, soupèsent, hiérarchisent et évaluent dans l’offre scolaire la proposition susceptible d’être le plus en adéquation avec leurs attentes – exemple du « zapping » entre le public et le privé. Ils adoptent une attitude évaluative et critique vis-à-vis de l’institution scolaire et de ses professionnels.
Il s’impose donc de faire entrer les enseignants et personnels d’encadrement de l’école primaire, individuellement et collectivement, dans un processus permanent d’évaluation, pour diagnostiquer, pour piloter, pour rendre compte. De nouvelles pratiques sont à instituer, à l’instar de ce qui se met progressivement en œuvre dans le domaine des langues avec le certificat de compétences en langue ou dans celui de l’informatique avec le brevet informatique des écoles.

Les résultats des évaluations des élèves seront communiqués et expliqués aux parents. Les performances des écoles seront présentés et analysés dans les conseils de pôle ou de réseau. Les performances de l’ensemble des pôles et réseaux du département comme de la région seront examinés et commentés dans les instances institutionnelles compétentes et rendus publics. A l’échelle nationale, le Ministre de l’Education nationale présente un rapport annuel de performances au Parlement. Il est légitime et indispensable de rendre compte de la performance de l’école, aux différents niveaux de son pilotage, devant l’ensemble de nos concitoyens.

Il va de soi que cette nécessaire refonte de l’école primaire doit s’inscrire dans une logique de réforme en profondeur de la globalité du système éducatif. Elle implique courage et volonté pour convaincre tout un chacun que la défense de l’Ecole républicaine appelle changement et innovation, avec l’ambition principale d’accroître ses performances, donc celles de tous les élèves, en particulier des plus fragiles d’entre eux.
Il appartient au Nouveau Centre, parti héritier d’une longue tradition humaniste, dont on connaît les valeurs et les priorités en matière éducative, de prendre l’initiative d’une réforme de fond de notre Ecole de la République.

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