DEBAT D’ORIENTATION BUDGETAIRE (D.O.B.) 2013

 

Conseil Municipal – Ville de Nîmes

Samedi 17 novembre 2012

 

Intervention de Jacky RAYMOND au nom du groupe Nouveau Centre

 

Monsieur le Sénateur-Maire, Cher(e)s collègues,

Permettez-moi, avant que je ne m’exprime, au nom du groupe Nouveau Centre, de souligner, Monsieur le Maire, le choix opéré en page de couverture du document d’orientation budgétaire 2013, car je crois à la force des images et des symboles. Après le choix de la photo de la maquette du groupe scolaire Henri Wallon pour le DOB 2012, c’est maintenant celui de la maquette du futur centre universitaire Hoche-Sernam. C’est un nouveau signe de l’attention particulière portée à la formation – après celle d’écoliers nîmois dans un secteur de l’éducation prioritaire, celle d’étudiants de Nîmes et de notre région, ce qui constitue une indéniable plus-value pour notre ville.

M’exprimant, de manière synthétique, au nom des élus du groupe Nouveau Centre de la Ville de Nîmes, je tiens à réaffirmer un certain nombre de principes éthiques qui doivent guider l’action des collectivités, comme celle de l’Etat, tout particulièrement en cette période de crise grave que nous traversons, dont le document se fait l’écho dans le chapitre II relatif aux « perspectives économiques et financières 2013 ».

Ces principes essentiels,  que j’ai déjà inventoriés l’an dernier, sont au nombre de trois :

– Le premier, c’est celui d’une gestion transparente. Et le débat d’aujourd’hui propose justement de permettre à nos concitoyens d’apprécier en toute connaissance de cause les arbitrages qui sont ceux de notre municipalité.

– Le deuxième, c’est celui d’une gestion prévoyante, qui se traduit à la fois par notre volonté à  ne pas dépenser plus que ne nous le permet notre capacité d’autofinancement et à lutter contre l’endettement et les déficits. Et c’est avec fierté que nous soutenons une politique qui a permis de réduire la dette d’environ 28% en onze ans – réduction de 80 M €, de 293 M € en 2001 à 213 M € en 2011.

– Enfin, le troisième et dernier principe de gestion que retient le groupe Nouveau Centre, c’est celui d’une gestion respectueuse de nos concitoyens et de leurs deniers, donc mesurée et maîtrisée. Cela fait onze ans, avec un renforcement progressif de la démarche, que les services de cette Ville ont mis en pratique des méthodes de management, de gestion, qui optimisent le service rendu à nos concitoyens, c’est-à-dire qui conjuguent efficacement des objectifs économiques et qualitatifs. Nous devons persévérer dans cette démarche et faire en sorte que l’investissement soit toujours préféré à la dépense de fonctionnement.

Transparence, prévoyance, respect, trois principes, que je pourrais qualifier de « vertueux », qui devraient toujours être au fondement de toute politique publique. Ces principes éthiques fondent les principes de gestion, exposés en introduction du chapitre V,  retenus pour l’exercice 2013 comme pour les précédents. Leur déclinaison permettra, comme il est écrit à la fin de ce propos liminaire du chapitre considéré, « de poursuivre l’action entreprise en matière d’investissement, montrant ainsi le dynamisme de la ville. » (page 15).

Grâce à cette politique menée avec opiniâtreté depuis 2001, nous avons l’opportunité de maintenir un niveau élevé d’investissement et de pouvoir aujourd’hui, dans le cadre de ce débat budgétaire, exprimer des choix clairs.

Les élu(e)s du groupe Nouveau Centre souhaitent souligner certaines priorités qui leur tiennent à cœur et qui trouvent leur traduction dans les orientations budgétaires soumises au débat ce matin. Pour une meilleure compréhension du propos, je distinguerai, suivant en cela la structure du document, les priorités relevant du fonctionnement de celles relevant de l’investissement.
En matière de fonctionnement, trois orientations s’inscrivent dans notre vision de la gestion municipale, au regard de nos valeurs, en particulier dans le contexte de crise que j’ai évoqué au début de mon intervention :

1. Le maintien des taux des trois impôts communaux des ménages, dans le respect des engagements pris – comme vous n’aurez pas manqué de le noter, Nîmes figure, dans l’ensemble des 40 plus grandes villes de France, parmi les 6 villes qui n’ont pas accru leur pression fiscale.

2. Le maintien des tarifs des services publics, alors qu’ils sont déjà exceptionnellement bas si on les compare à ceux d’autres collectivités, toutes sensibilités confondues – afin de ne pas allonger inconsidérément le propos, je ne retiendrai comme exemple que les tarifs de la restauration scolaire, dont nous avons unanimement voté le maintien lors de la séance du conseil municipal du X, et dont je rappelle les deux premiers, qui concernent près de la moitié des familles nîmoises dont les enfants déjeunent dans un restaurant scolaire : 0,47 € et 1,04 €. Et je n’évoque pas ici la gratuité de certaines activités comme les études ou les ateliers périscolaires municipaux.

Par ce choix, la Ville de Nîmes affirme son rôle social majeur, ce qui est particulièrement important en temps de crise.

3. La modernisation des services publics nîmois, au bénéfice des usagers, en particulier par la mise en œuvre de moyens modernes et diversifiés de paiement et par diverses actions de formation des personnels et de développement d’outils de gestion adaptés aux missions des services.

En matière d’investissement nous validons l’essentiel des orientations mais nous nous interrogeons sur l’une des dépenses d’équipement.

1. L’attention particulière accordée à l’éducation et aux écoles, constitue pour nous, centristes, une priorité absolue.

Car, l’école n’est pas seulement le lieu premier de la construction des apprentissages, c’est aussi celui de la socialisation, c’est-à-dire de celui de l’apprendre à vivre ensemble, c’est encore celui de l’action sociale, notamment au travers de l’aide aux familles. La question scolaire est donc pour nous au cœur de l’action publique pour préparer et fonder notre avenir.

Notre Municipalité témoigne de cette priorité par ses investissements majeurs, et d’une particulière qualité – Trop ai-je parfois entendu ! Nous ne partageons évidemment pas ce point de vue.

2. Le renforcement de la sécurité et de la prévention des risques – autre secteur stratégique de toute première importance.

Les élu(e)s centristes portent une attention forte à la question de la sécurité, fondement, avec l’éducation, du « vivre ensemble ». Nous sommes favorables à l’usage de technologies comme la vidéoprotection et la verbalisation électronique mais nous revendiquons une présence humaine accrue, le dialogue avec tous afin que chacun s’approprie sa ville et la respecte. Une mission aussi urgente et aussi capitale demande la mobilisation de tous, sur la base de valeurs et d’exigences partagées.

3. La poursuite de la politique d’aménagement et d’équipement du territoire communal, indispensable pour assurer un bien-être toujours accru des Nîmoises et des Nîmois, ce qu’illustrent les programmes de renouvellement urbain, de restructuration et d’aménagement de zones et d’espaces publics, les opérations de sécurisation de l’espace public et celles de rénovation, voire de structuration, de la voirie ; les actions de modernisation et de mise en valeur de nos monuments, de nos équipements culturels et sportifs.

4. Le développement économique, la base même de toute cité dynamique, où les habitants comme les acteurs économiques doivent se sentir bien, est au cœur de nos préoccupations, en particulier le centre-ville, dont nous entendons l’expression des difficultés et de la souffrance, qui doit bénéficier d’une attention forte et constante de notre municipalité. Nous, Centristes, prônons un développement économique qui passe par l’amélioration de notre cadre de vie, par une bonne accessibilité aux commerces et aux services, par une capacité d’accueil, j’oserai dire d’hospitalité. Il s’agit, en un mot, de rendre notre ville toujours plus attractive.

5. L’exigence de limitation de l’emprunt, l’une des conditions d’une gestion saine, le montant de l’emprunt devant rester à un niveau inférieur au montant du remboursement annuel des emprunts déjà contractés.

Il s’agit à la fois d’une exigence éthique et d’un devoir d’exemplarité à l’heure où nombre de collectivités locales sont montrés du doigt en la matière et où il s’avère indispensable de coopérer à l’effort national de réduction de la dette publique.

Mais nous nous interrogeons sur les conditions de financement d’une des opérations qui vous sont soumises : la création du musée de la Romanité.

Nous sommes de fervents partisans du développement culturel, de manière générale et plus particulièrement à Nîmes, parce que c’est l’un des facteurs majeurs de la formation et de l’épanouissement des individus. Et, à ce titre comme à celui de la valorisation de notre patrimoine exceptionnel, nous avons voté en faveur de cette création, y compris sur le choix du projet architectural et sur l’équipe de maîtrise d’œuvre. De même que nous soutenons les projets culturels proposés pour l’exercice 2013 (page 35).

S’il faut lancer cette opération, qui correspond à l’un des engagements majeurs du mandat, nous tenons à exprimer des inquiétudes sur son plan de financement :

* Nous prenons acte de l’engagement du Conseil régional Languedoc-Roussillon, qui a voté une participation de 10 M € et qui, à en croire son Président, serait prêt à faire un effort supplémentaire compte tenu de la particulière qualité de ce projet.

Nous dénonçons le refus du Conseil Général du Gard de participer à cette réalisation d’envergure, qui outre les effets positifs pour la ville, ne manquera pas d’en avoir aussi d’importants pour le département, notamment en termes d’image comme de retombées culturelles, touristiques, économiques. La position du Conseil Général est à vrai dire incompréhensible.

* Le lancement de cette opération intervient à un moment défavorable au plan national si j’en juge par les déclarations fracassantes de Madame Filippetti, Ministre de la Culture, qui a stoppé divers grands chantiers à l’échelle nationale (exemples du centre national de la musique, de la cinémathèque de la danse ou encore de Lascaux 4) et elle a annulé plus d’un milliard de dépenses, le budget de la culture faisant par ailleurs l’objet de coupes budgétaires.

Aussi comptons-nous sur vous, chers collègues de la majorité présidentielle, vous qui avez voté le principe de la création du musée de la Romanité en Conseil municipal, vous qui avez également voté une enveloppe de 10 M € au Conseil régional, pour faire comprendre à vos amis socialistes l’ambition et des enjeux de ce projet, pour faire pression sur eux afin d’obtenir des aides significatives de l’Etat.

Dans ce contexte difficile, les élu(e)s du Nouveau Centre prônent un étalement des financements qui permettent, dans le temps de la réalisation du musée de la Romanité, la mise en œuvre d’autres grandes opérations d’équipement, par exemple un Palais des Congrès, équipement indispensable pour un meilleur développement économique de la ville.

Je veux souligner, pour clore mon propos, que le groupe Nouveau Centre approuve les orientations budgétaires de la Ville de Nîmes,mais qu’il ne peut manquer de souligner avec force le contexte difficile de création du Musée de la Romanité, mais sur lesquels, chers collègues, je suis persuadé que nous travaillerons tous ensemble dans un esprit consensuel.

Je vous remercie de votre attention.

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