L’autorité de l’Etat c’est une chaîne, dont chaque maillon est composé par les fonctionnaires dépositaires de l’ordre public.

Du policier au surveillant de prison, en passant par les magistrats, mais aussi l’éducation nationale, les services fiscaux, bref, tous les grands corps de l’Etat qui concourent au fonctionnement de notre société, et à sa justice, doivent mener des actions coordonnées pour retrouver leur efficacité.

Quand, dans certains quartiers, les habitants n’osent plus porter plainte alors même que chaque jour ils constatent trafics et délits ; quand dans certains collèges, les professeurs, non seulement doivent négocier en permanence le calme, mais en arrivent parfois à craindre la réaction des élèves ou de leurs parents ; quand les plus jeunes et les plus âgés de nos concitoyens ne peuvent plus sortir dans la rue sans craindre d’être agressés : l’Etat Républicain faillit à répondre à un des droits des plus fondamentaux du citoyen : le droit à sa sécurité.

Dans un contexte budgétaire étroit, la solution ne passera jamais par le tout répressif. Si la vidéo-surveillance doit être encouragée et aidée par l’Etat auprès des collectivités comme elle l’est actuellement, la présence policière doit être rendue plus efficace.

Pour cela, il faut ré-ordonner l’action de l’Etat afin de restaurer son autorité. L’Etat, la police et la justice doivent à nouveau être craints des délinquants et des hors la loi de toute nature.

– Regagner la confiance de nos concitoyens en l’Etat : c’est s’assurer que toutes les plaintes, et que tous les délits même les plus minimes font l’objet d’une sanction, et que cette sanction soit appliquée.

– Responsabiliser la police et la justice : Plus de moyens pour la Justice, plus de moyens pour la police, mais aussi plus d’autonomie pour juger avant tout des résultats. Re-territorialiser les agents de police, afin de leur permettre de définir leur politique de lutte contre le crime et de les juger sur les résultats. Cette logique pourrait aussi passer par des pouvoirs accrus pour la police municipale, là où la police nationale est en nombre insuffisant. Le Maire pourrait mettre à disposition de la police nationale des moyens et des effectifs.

– Mettre un terme aux zones de non-droit, en co-ordonnant l’action de l’Etat, forces de police, mais aussi services fiscaux, éducation nationale, doivent parler d’une même voix, et s’appuyer sur les relais locaux, associations, comités de quartiers, commerces, syndicats de co-propriété et bailleurs sociaux. L’idée est de développer les GLTD, et de s’appuyer sur une gestion dynamique des quartiers pour prendre en défaut les trafiquants et l’économie souterraine.

– Renouer le fil des générations, en mettant un terme au sentiment d’impunité des mineurs délinquants. En lien avec l’éducation nationale, avec la police, et la PJJ, les magistrats doivent co-ordonner une action précoce pour ne pas laisser le jeune s’enfermer dans la spirale de la délinquance.

Une méthode : concilier le bon sens, la connaissance du terrain, et faire émerger les consensus en imaginant des solutions qui répondent aux attentes des acteurs de terrain.

Un exemple concret : les établissements de placement provisoire d’observation et d’orientation. En entendant les juges qui réclamaient plus de rapidité dans la prise en charge des jeunes. En entendant les éducateurs de la PJJ, qui réclamaient des jeunes moins « durs » et sur lesquels ils ont l’impression d’avoir plus de prise, ces établissements répondent à l’objectif d’une justice des mineurs effective et immédiate, et brise des habitudes et des principes ancrés dans la routine qui fondait le sentiment d’impunité des mineurs délinquants : celui de la progressivité de la peine ; celui du coût prohibitif des structures de la PJJ qui expliquait la pénurie de solution et la faiblesse de la réponse pénale.

Telle est la méthode centriste : de l’écoute, de la discussion, et faire taire les antagonismes et les réflexes corporatistes pour faire prévaloir le bon sens.

Les solutions ainsi imaginées font l’objet d’expérimentations locales avant d’être généralisées sur tout le territoire si elles font leur preuves.

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