Une contribution de militants de la fédération gardoise
du Nouveau Centre au débat national
Vendredi 04 décembre 2009, à la permanence de la fédération gardoise du Nouveau Centre, à Nîmes, une cinquantaine de militants ou sympathisants se sont retrouvés, dans une ambiance comme à l’accoutumée chaleureuse, pour participer à un premier échange sur « l’identité nationale », échange conduit par Julien DEVEZE, délégué de la fédération du Gard, chef de file du Nouveau Centre pour les élections régionales de mars 2010, et Jacky RAYMOND, président délégué au projet.
La rencontre a commencé par une interrogation liminaire sur l’opportunité d’un tel débat. A l’exception de quelques participants, inquiets du risque de manipulation induit par une telle réflexion ou par celui de dérives en rapport avec l’identitaire ou le communautarisme, la réponse a été positive. En effet, celles et ceux qui se sont exprimés à ce sujet ont estimé, d’une part qu’il convenait de lever bien des malentendus, notamment à propos des étrangers ayant accédé à la nationalité française, d’autre part de se réapproprier les éléments constitutifs du sentiment d’appartenance à la nation française, en particulier au travers de la question « qu’est-ce qu’être français » ?
La suite de l’échange a montré que même ceux qui avaient manifesté leur réticence, voire leur opposition, à un tel débat n’ont pas manqué d’apporter des contributions aussi intéressantes que passionnées.
“le questionnement porte davantage sur les conditions de l’unité nationale que sur l’identité nationale”
L’un des participants a immédiatement proposé que le questionnement porte davantage sur les conditions de l’unité nationale que sur l’identité nationale. Cette piste de réflexion, réintroduite ultérieurement dans le débat par les animateurs, n’a pas été approfondie.
Après un essai de clarification de la notion d’identité, comme caractère fondamental d’une personne ou d’un groupe, comme élément d’interaction de l’un à l’autre – du singulier à l’altérité –, le débat a fait apparaître que les participants se vivent comme porteurs d’identités simultanées, du local au continental. Plusieurs intervenants se sont dits à la fois gardois, voire nîmois, languedociens, méditerranéens, français… mais aussi européen. D’autres ont souligné que la construction de leur identité relève aussi de leur tradition familiale, de leur parcours scolaire, de leur appartenance confessionnelle, de leur pratique associative.
Une composante de notre identité française – expression jugée préférable à celle d’identité nationale, celle-ci considérée comme connotée négativement – a fait l’objet d’un réel consensus : la laïcité. Une rapide comparaison entre la situation de la France en la matière et celle d’autres pays d’Europe, et celle de la Turquie, a permis de conclure que la conception française de la laïcité est spécifique et constitue un trait particulier de notre communauté nationale.
L’échange a également mis en évidence d’autres caractéristiques de l’identité française : l’appropriation de la devise de la République et des valeurs qui la sous-tendent ; les principes et l’organisation de la justice, notamment le principe du contradictoire, tellement bafoué dans beaucoup d’autres pays ; les dimensions spécifiques de notre culture, au travers de nos traditions, de notre gastronomie, de notre création artistique.
Ces différents points auraient mérité de plus larges développements. Mais, faute de temps – le débat a duré environ une heure… avant le moment attendu et essentiel de convivialité –, ils n’ont été qu’esquissés.
“la famille et l’Ecole ont une responsabilité majeure dans l’appropriation progressive de ce sentiment d’appartenance à une nation”
Il convient enfin de souligner que le débat a été traversé par une sorte de « fil rouge » : la place de l’éducation dans la construction de notre identité française, au double plan individuel et collectif. Les participants ont été unanimes à considérer que la famille et l’Ecole ont une responsabilité majeure dans l’appropriation progressive de ce sentiment d’appartenance à une nation, en l’occurrence la nation française. L’accent a tout particulièrement été mis sur l’importance de l’éducation civique et de l’éducation à la citoyenneté ; d’aucuns ont même souligné la nécessité d’une restauration des leçons de morale, adaptées à notre temps et à notre société.
Bien que limité dans sa durée, ce premier échange atteste l’intérêt manifeste, souvent passionné, des militants du Nouveau Centre pour un tel débat, dont la dimension ontologique et les enjeux ne leur ont pas échappé, consciemment ou non, et la nécessité de le poser aujourd’hui, dans une société en crise.
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